« La Parisienne 2016, 20ème édition »

Enfin… libre !

i-like-2Après huit mois d’hospitalisation, j’en sors avec un objectif bien précis, faire « la Parisienne ». Telle une machine de guerre, je m’organise un entraînement adapté. Tout en marchant avec mes deux bâtons, le plus souvent possible.

Les premiers jours n’ont pas été glorieux. Je suis le parcours que je faisais à mes débuts en course à pied. Cela me semble très long, je marche à une allure plus que lente. Les gens me regardent telle une extra-terrestre. Je parviens difficilement à dérouler mes pas, ma démarche ressemble à celle d’un robot. Mes pieds partent dans tous les sens. Je rase les murs, pour me rattraper en cas de chute. Bref, des séances assez difficiles. Ma fille me tient compagnie de temps à autre.

J’ai eu la chance de pouvoir faire quelques entraînements au Mexique !

Je ne lâche rien, je sors presque tous les deux jours, ou je vais à la salle de sport. Il fait chaud, alors je m’équipe. Je me prends un sac à dos avec gourde, pour le premier « marathon » de ma vie. Je vise les 3h pour faire les 6,5 km ! Mais au fur et à mesure de mes séances avec mon coach, je m’améliore. Il me lance un défit, la faire en 1h30 ! Et pour ceux qui me connaissent, je m’investis à fond quand les dés sont jetés.

Coup de massue !

Quelques jours avant le grand départ, les règles de sécurité évoluent. On apprend que les bâtons de marche et sacs sont interdits. Le coup fait mal, je me pose des questions, je ne peux pas encore marcher sans appui, et je n’ai pas d’équilibre. Ma sœur m’interpelle : « Si le problème ce n’est que ça, tu nous tiendras le bras ! ». Je ne réfléchis pas une seconde de plus. On ira à la Parisienne…

On y est, plus de recul possible !

Ça y est le jour « J » est arrivé ! Je vais me retrouver dans cette foule et une ambiance que j’adore. Mais la peur se fait ressentir. Je ne serais pas seule et c’est le plus important. Je me demande dans quelle histoire j’ai embarqué ma sœur Louz et ma copine Alex. Mais on est des « crazy » girls ou on ne l’est pas !

sistasMa sœur passe me prendre. Telles deux aventurières, on se met dans l’ambiance déjà dans la voiture, avec de la musique entraînante. On en oublie que c’est une grande course, qu’il y aura du monde, beaucoup de monde.

La chance est avec nous, on trouve une place handicapée, juste à côté des policiers qui bloquent toutes rues ! ! ! Ma sœur va retrouver Nerlande pour récupérer nos dossards, qu’elle a eu la gentillesse de nous prendre la veille. J’attends à la voiture, Alex doit nous rejoindre. Je regarde le monde passer, la boule au ventre arrive. Qu’est ce que je fais là ? Je ne pourrais jamais braver tout ce monde. Les larmes veulent monter, mais je dois me souvenir la raison pour laquelle je suis là aujourd’hui ! Je reviens de loin, je me suis entraînée dur. Depuis le premier jour où je me suis retrouvée dans un fauteuil roulant, je me suis battue pour le quitter, me ressentir libre, indépendante, marcher, et pourquoi pas courir.

Nous sommes enfin toutes les trois réunies. On enfile nos supers maillots, on fait les selfies obligatoires. On quitte notre point de rencontre, je m’accroche à leurs bras à défaut de mes bâtons, et c’est parti. La chance est avec nous, il n’y a que très peu de monde à l’entrée. Mais arrive la longue, très longue queue qui nous mènera à la ligne de départ.

Les regards…braqués sur nous !

Il y a trop de monde, ça n’avance plus …. ça fait peur. Mes guides ne se démontent, elles décident que l’on va remonter la file à base de « Pardon, excusez nous….Nous sommes avec une personne en situation de handicap »….Bref, une sorte de tunnel interminable où tu entends tout et n’importe quoi, j’en ai les larmes aux yeux. Mais quelques unes me félicitent et applaudissent, ça me réchauffe le cœur. Mon Alex me frotte le bras, comprend que c’est dur….ma soeur, je lui broie la main à chaque fois que l’on doit se justifier de cette action.

L’envie pressante se fait ressentir, mais trop de monde. A Chaque passage devant des sanitaires, on se regarde et on se dit qu’on ira aux prochains !

Encore un peu de marche et on pense arriver au bout du tunnel ! Mais dans nos rêves…On aperçoit des toilettes, qui sont les dernières…Je ne comprends pas pourquoi la porte est grande ouverte ? En fait ce sont les filles qui montent la garde, en faisant office de porte. Ça me coupe toute envie… pas du tout chochotte la fille !!!

Je fais une petite pause avant de repartir, pendant que mes accompagnatrices ont le courage d’y aller.

Il faut refaire la queue pour accéder au pont. Je n’en peux plus. On explique mon cas à une bénévole qui comprend notre désespoir. Elle nous ouvre une grille, on passe enfin le pont, mais seules, pendant que les autres attendent sur le côté…moment de répit, presque VIP…

Ça y est la ligne de départ est juste devant nous. Je vois le chrono, il y a de la musique, ça danse, Louz me retient la main, elle a peur je me mette à danser et sauter partout….Et oui je suis comme ça…Paralysée ou pas quand tu as la musique dans le sang, elle te transporte, et ton corps ne peut rien y faire, à part suivre le mouvement !

5, 4, 3, 2, 1…..Go go go !

Deuxième course officielle, et première dans cet état. Le chrono nous donne le feu vert, c’est enfin le départ. On marche sans relâche, on me propose des pauses, mais non merci….Je tire sur le bras de ma soeur qui traîne un peu. On avale les kilomètres, je fais partager ces moments via les réseaux sociaux. Punaise je fais de meilleurs temps qu’aux entraînements. Je suis au top, ça monte, ça descend, on se régale.

Des filles moins sympas nous crient de se mettre sur le côté….Ben écoute, cours sur le côté toi-même ! On continue, on ne lâche rien….6km. Il nous reste encore quelques mètres….Piouuuu je suis au bout de ma vie….6-km-yes

On passe la ligne d’arrivée, épuisées. Les filles ont les bras en compote, mais elles font bonne figure. Intérieurement, je suis sur un nuage. Terminé le fauteuil roulant, place à ma paire de running. Doucement mais sûrement.

Record battu en 1h25. Challenge relevé ! J’ai fais la Parisienne en marchant avec Alex et Louz !

Finalement ce fut une belle balade « papotages » entre filles, et c’est le top !

La seule chose contrariante de la course est la non prise en charge. J’avais expliqué mon cas en amont, mais pas de réponse valable, ils n’y pouvaient rien. C’est bien dommage !

A très vite….Je vous laisse regarder toutes les photos de l’événement sur l’onglet « En images ».

Blandine Ébène

 

 

 

 

2 Replies to “« La Parisienne 2016, 20ème édition »”

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